Jusqu'à quelle hauteur peut-on ériger un mur de maçonnerieJusqu'à quelle hauteur peut-on ériger un mur de maçonnerie? L'application des règles de l'art en maçonnerie!
Tout n'est pas écrit dans le code et les normes en maçonnerie. Le Code national du bâtiment (CNB) ainsi que les normes indiquent aux maçons quelle est la qualité minimale exigible. Pour l'atteindre, ils doivent recourir aux techniques découlant des règles de l'art de la maçonnerie. Malheureusement, ces règles de l'art ne sont pas écrites. [1]
Nous recevons régulièrement des appels concernant la hauteur maximale des murs. Comme le code et les normes demeurent muets sur le sujet, il semblerait que seul un ingénieur en structure puisse déterminer cette hauteur. Dans les faits, ce sont les règles de l'art de la maçonnerie qui fournissent des éléments de réponse.
La solution au problème de la hauteur maximale renvoie directement à trois facteurs : la température ambiante, le taux d'absorption de l'élément de maçonnerie et la condition de cet élément. C'est l'interaction entre ces trois facteurs qui déterminent la hauteur maximale d'un mur.
Le code et les normes nous livrent indirectement des indices. On y fait notamment mention des précautions relatives au délai de prise initiale et à la capacité portante du liant. 1- La température ambiante Dans le CNB 2005, les articles 9.20.3.2. 5 de la partie A-179-04, Mortier et coulis pour la maçonnerie en éléments, et 6.3.1 stipulent que :
Le mortier doit être utilisé et mis en place : •a) Moins de 1,5 h après avoir été mélangé si la température de l'air est égale ou supérieure à 25 °C; •b) Moins de 2,5 h après avoir été mélangé si la température de l'air est inférieure à 25 °C.
Dans la partie A-371-04, Maçonnerie des bâtiments, à l'article 7.1.1 Lisage des joints, on lit que :
Les joints de mortier directement exposés aux précipitations doivent être lissés à l'aide d'un fer à joints quand le mortier a suffisamment durci pour que l'empreinte du doigt y reste marquée. (Ce qui représente 20 minutes environ.)
En conclusion, le code et les normes préétablissent un délai de prise initiale entre 20 minutes et 2,5 heures selon la température de l'air ambiant.
2- Le taux d'absorption d'eau Le taux d'absorption d'eau des éléments est le deuxième facteur à retenir. Le taux d'absorption moyen de la brique est de 0,80. Puisque c'est une moyenne, plusieurs éléments se situent dessus ou dessous. Notons surtout que la rapidité de l'absorption d'eau de l'élément varie selon la température extérieure. À titre d'exemple, un élément utilisé en période estivale à une température de 25 °C absorbera l'eau du mortier plus rapidement que le même élément utilisé à 5°C. La température de l'élément lui-même est à prendre en considération, car elle évoluera en fonction de la température extérieure ambiante.
3- La condition de l'élément Le troisième point est la condition de l'élément. Si l'élément est déjà saturé d'eau, sa vitesse d'absorption sera considérablement diminuée lors de la prise initiale. Prenons trois types de parement - de blocs, de briques de béton et de briques d'argile %u2011 à différentes conditions. Il est évident que ces trois parements réagiront différemment en fonction de leur taux respectif d'absorption à la prise initiale. Le bloc de béton possède une prise initiale plus rapide que la brique d'argile et ces deux éléments ont une prise initiale plus rapide que la brique de béton.
Mais si on humidifie ces trois éléments en les soumettant aux intempéries, le délai de prise initiale de la brique d'argile serait alors supérieur à la brique de béton et ces deux éléments seraient plus rapides que le bloc de béton. En contrepartie, si la température dépasse 25 °C, la brique de béton sera avantagée par sa vitesse d'absorption d'eau moins rapide que les autres éléments qui, dans certains cas, doivent être humides pour réduire leur vitesse d'absorption.
En conditions hivernales, la combinaison de ces trois facteurs rend nécessaire de garder les éléments au sec et à la chaleur pour obtenir à la fois une bonne productivité et une qualité d'ouvrage constante. Les règles de l'art En conclusion finale, pour déterminer la hauteur maximale d'érection des parements de maçonnerie, l'important est de connaître la vitesse de la prise initiale de l'élément en lien avec le joint de mortier. En conditions normales, cette partie de l'exécution ne pose aucun problème aux maçons puisqu'ils se fient généralement, et souvent sans le savoir, à ce critère technique qui fait partie intégrante des règles de l'art de leur métier. [1] L'AEMQ pourrait y remédier dans un avenir rapproché en les répertoriant pour les diffuser dans de pratiques fascicules. « retour aux infos techniques |










